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 Lucien Refleu 
 (c. 1972) In fond memory of

Lucien Refleu
1920 - 2005

Hommage à un professeur exceptionnel.

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© 2005-2015.  Gérard P. Michon, Ph.D.

 
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Abstract  (of the French text below
See also an  article dedicated to Refleu,
on solving n-th order linear ODE.

Lucien Refleu  was born on  March 8, 1920, in Orbec (Calvados, France).
He died on January 7, 2005, in Caen (Calvados, France)

In 1940, Lucien Refleu was ranked first in the prestigious entrance exam of the  Ecole Normale Supérieure  (Saint-Cloud).  The war disturbed his education, which came to a brilliant conclusion in 1947, when he ranked well in the agrégation.

Refleu started his career by teaching high-school mathematics to seniors in Le Havre (Normandy) in 1947-1948.  The following year, he was entrusted with the mathematical education of the students of Caen (Normandy) competing for the entrance exams of the most renowned French scientific  Grandes Ecoles, including Polytechnique  and the  Ecole Normale Supérieure.

Lucien Refleu would hold this position unwaveringly for the next 35 years.  He became a legend for many of the nearly 600 students he was a  papa  to...

Every student deserves at least one great teacher.

In a completely rational society, the best of us would be teachers and the rest of us would have to settle for something less, because passing civilization along from one generation to the next ought to be the highest honor and the highest responsibility anyone could have.
 Lee Iacocca  (1924-)

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Lucien Refleu

Né le 8 mars 1920, à Orbec (Calvados).
Décédé le 7 janvier 2005, à Caen (Calvados)  où il a été inhumé le 13 janvier 2005.

Se sachant atteint d'une tumeur au cerveau capable d'emporter son esprit avant son corps,  Lucien Refleu  a fini par n'accepter des médecins que le traitement de sa douleur.  Refusant alors toute alimentation, il a tiré sa révérence en quelques jours.

Adieu, Monsieur le professeur,  on ne vous oubliera jamais.


Généalogie :

Lucien Refleu est le fils de

  • Raoul Jules Refleu, né le 1er décembre 1880, à Nonancourt (Eure).
    Décédé le 20 octobre 1964, à Orbec (Calvados).
  • Jeanne Renée Chevalier, née le 9 décembre 1890 à Orbec (Calvados).
    Décédée le 3 octobre 1982, à Orbec (Calvados). 
    • Mariés le 29 avril 1911, à Orbec (Calvados).  Deux enfants: 
    • Renée Refleu, née en 1912 à Orbec (Calvados).
      Décédée le 21 septembre 2005 à Nice (Alpes-Maritimes).
      Célibataire, sans descendance.
    • Lucien Refleu (1920-2005).

Le 11 sept. 1948, à Sèvres (Hauts-de-Seine) Lucien Refleu épouse Jeanne Rouanet, née le 5 novembre 1924 à Saint-Gratien (Val-d'Oise).  Le couple n'a pas d'enfants.

Juriste de formation, Jeanne Refleu termina sa carrière en 1985 comme bibliothécaire de l'Université de Caen  (titularisée en 1963).  Bien avant que l'explosion d'Internet  ne vienne faciliter ce genre de recherches, elle eut ainsi à exploiter, depuis Caen, les banques de données d'outre-Atlantique concernant brevets et articles scientifiques...


Biographie de Lucien Refleu :

  • Né le 8 mars 1920 à Orbec (Calvados).
  • Reçu, second du classement spécial, au concours de l' agrégation de 1947.
  • Epouse Jeanne Rouanet le 11 septembre 1948 à Sèvres.
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 20 avril 1973.
  • Promu au grade d'Officier de la Légion d'Honneur le 22 février 1986.
  • Commandeur des Palmes Académiques.
  • Décédé le 7 janvier 2005, à Caen (Calvados).

Lucien Refleu va se préparer aux concours d'entrée aux Grandes Ecoles à Montpellier  (Hérault)  dans la classe de  Jean Barbotte  (né vers 1904),  un normalien  (1922)  qui s'était classé second au concours de l'agrégation en 1925.

Jean Barbotte  est l'auteur de  "Le calcul tensoriel"  (1948).  A l'Ecole Normale de la rue d'Ulm,  de 1922 à 1925,  il a partagé une chambre avec quatre autres élèves:  Paul Labérenne (1902-1985),  Yves Rocard (1903-1992),  Jean Delsarte (1903-1968)  et  André Weil (1906-1998).  Ces deux derniers seront parmi les principaux fondateurs de  Bourbaki (1935).

En août 1939, la France entre en guerre...

Au début de la guerre, le général de Gaulle avait pris la tête de la division de chars de la cinquième armée.  Après la percée Allemande à Sedan, de Gaulle prend la tête de la quatrième division mécanisée, qui vient d'être formée.  Le 5 juin 1940, Paul Raynaud, premier ministre, nomme le Général de Gaulle secrétaire d'état à la guerre...

En 1940, Lucien Refleu est classé premier à l'écrit du concours d'entrée de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, mais sa classe d'âge est mobilisée  (ce sera la dernière à l'être avant l'armistice).  Refleu doit donc rejoindre immédiatement son régiment de chars à Vannes.  Il ne pourra pas se présenter à l'oral du Concours.

Dans la déroute qui précède l'arrivée des troupes Allemandes, Lucien Refleu songe à simplement quitter sa caserne, comme d'autres le font...  Il s'en ouvre à un officier supérieur, qui le décourage formellement de commettre ce qui aurait pu être considéré comme un acte de désertion en temps de guerre...  Refleu sera donc fait prisonnier avec son régiment et envoyé en captivité dans les îles de la Frise.

C'est en captivité que Refleu apprendra qu'un décret ministériel l'a dispensé d'oral au vu de sa performance à l'écrit et qu'il est donc officiellement admis à l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud!

Lucien Refleu contracte une pleurésie en captivité.  Un médecin militaire Prussien  (dûment balafré)  prend son cas en sympathie et le fait rapatrier par train sanitaire.  Refleu passera ainsi à Orbec une convalescence studieuse en attendant de pouvoir reprendre normalement ses études au sein de l'Ecole Normale Supérieure.

Lucien Refleu fait une licence très brillante en Sorbonne.  Il est classé premier en calcul differentiel.  En mécanique céleste, il attire l'attention d'un autre normalien normand, André Danjon (1890-1967)  ancien élève de la  Taupe Laplace  de Caen en 1908-1910 et directeur de l'Observatoire de Paris de 1945 à 1963.

Son statut d'ancien prisonnier de guerre permet à Refleu de se présenter à titre "spécial" au concours de l' agrégration de mathématiques en 1947  où 6 places sur 30 sont ainsi réservées à ceux dont les hostilités ont perturbé la scolarité.  Telle est la tradition dans les années qui suivent les guerres (depuis la création du concours de l'agrégation en 1821).  Il est reçu second de ce "classement spécial" de 8 admis.

Il est alors sollicité par Danjon pour devenir son assistant à l'Observatoire de Paris.  Il est aussi approché par l'algébriste Paul Dubreil (1904-1994, nommé en Sorbonne en novembre 1946).  Dubreil voudrait le voir faire une thèse de doctorat sous la direction de son épouse, Marie-Louise Dubreil-Jacotin, à l'Université de Poitiers...

Marie-Louise Dubreil-Jacotin (1905-1972) fut nommée professeur à l'Université de Poitiers en octobre 1943.  A partir de 1955, elle y occupera la chaire de  Calcul Différentiel et Integral.  Elle a épousé, le 28 juin 1930, le normalien Paul Dubreil, qui participa aux réunions préliminaires d'un groupe qui deviendra célèbre en 1935, sous le nom collectif de Nicolas Bourbaki.  Marie-Louise et Paul eurent un seul enfant:  Edith Dubreil  (1936-1970).

Noether, Dubreil-Jacotin, Dubreil
Göttingen, 1931:  Emmy Noether, Marie-Louise Dubreil-Jacotin, Paul Dubreil

Refleu hésite beaucoup avant de décliner cette offre de carrière dans la recherche, mais il se destine fermement à l'enseignement.  Cette année là, une seule classe d' hypotaupe  est disponible.  Elle revient au premier du classement, M. Pfeifer.

Dans les années 60, M. Pfeifer était connu sous les surnoms de "le Pfeif" ou "le Bicou" par les élèves de la Taupe Ampère du Lycée Thiers de Marseille, où il enseignait la classe B de maths-spé.
   Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827
Laplace

Après une année d'enseignement au Havre, dans le secondaire, Lucien Refleu se voit confier pour l'année scolaire 1948-1949 la classe de Mathématiques Supérieures de Caen, avec 17 élèves (masculins).

Refleu succéda ainsi à Robert Crenn  (nommé à Rennes)  un des 25 agrégés de mathématiques en 1937, aux côtés de Laurent Schwartz (1915-2002, créateur de la Théorie des distributions en 1944, médaille Fields en 1950) et de Michel Queysanne (auteur, en 1964, d'un traité d'algèbre pour les classes préparatoires et le premier cycle universitaire).

A Caen, les classes préparatoires scientifiques du Lycée Malherbe  (fondé en 1804)  portent le nom de Taupe Laplace.  Lucien Refleu y passera 35 ans.

Il y a risque de confusion avec le Lycée Laplace, le grand lycée technique Caennais, de création plus récente.

La  Taupe Laplace  d'après-guerre ne comporte d'abord qu'une  seule classe de "Mathématiques Supérieures"  (hypotaupe, HX  ou Maths-sup).  Une petite moitié des étudiants sont admis à faire ailleurs leur année de Mathématiques Spéciales  (le plus souvent, au Lycée Saint-Louis de Paris).  Quelques uns "intègrent" des Ecoles qui recrutent sur le programme de première année.  Les autres vont à l'Université.

L'année scolaire 1962-1963 voit s'ouvrir à Caen une classe de "Mathématiques Spéciales"  (taupe, X  ou Maths-spé)  confiée à Lucien Refleu, qui retrouvera ainsi en  taupe  des élèves qu'il avait commencé à former en  hypotaupe.

Etre professeur de mathématiques en "Maths Spé" est une activité  très  prenante :

Il faut d'abord y assurer 15 heures de cours hebdomadaires, au tableau noir.  En mathématiques, le professeur et ses élèves écrivent tout le temps.

Au fil des années, ceci vaudra à Lucien Refleu une déformation de l'épaule droite, bien connue de son tailleur  (compensée par une talonnette bien visible, au pied gauche).

Les  taupins  rendent chaque semaine un devoir écrit en mathématiques.  Une semaine sur deux, en alternance avec la physique, c'est un  devoir sur table  (examen)  qui a lieu pendant 4 heures, le samedi matin.  L'autre semaine, les élèves rendent des devoirs plus longs sur lequels il ont planché pendant quinze jours.  Le professeur corrige et commente individuellement le travail de chaque étudiant.

Enfin, il y a les  khôlles  (orthographe volontairement pédante de "colle", dans le sens de "question difficile").  C'est ainsi qu'on appelle les deux examens oraux hebdomadaires d'une heure auxquels les  taupins  sont soumis, par groupe de trois élèves  (une  khôlle  en mathématiques, l'autre alternativement en physique ou en langues).  Pour bien connaître ses élèves, le professeur de mathématiques se doit d'être un khôlleur  parmi les autres.  Une bonne  khôlle  doit être très soigneuseument préparée...

Brièvement, l'illustre mathématicien de l'Université de Caen  Roger Apéry  (1916-1994) sera un des khôlleur  de la  Taupe Laplace.  Apéry a donné son nom à la constante z(3), dont il prouva l'irrationalité en 1977.

Malgré tout ceci, Lucien Refleu trouvera, pendant un temps, l'énergie de contribuer à la préparation au CAPES et à l'agrégation des étudiants de l'Université de Caen...


C'est à l'issue de l'année scolaire 1982-1983 que Lucien Refleu prend sa retraite.  Un de ses derniers élèves,  Jean-Louis Barrat  (né en 1964) est reçu premier à l'Ecole Normale de la rue d'Ulm, en 1983  (il se classe quatrième au concours d'entrée de l'Ecole Polytechnique).

On peut estimer à environ 600 le nombre de futurs mathématiciens, physiciens et ingénieurs auxquels Lucien Refleu aura contribué à donner une formation mathématique de premier ordre, à raison de 15 heures de cours par semaine, pendant 1 ou 2 ans.

Parmi ceux-ci, l'auteur de ces lignes  (23ème à l' Ecole Polytechnique en 1976)  exprime ici sa reconnaissance envers Lucien Refleu,  en remerciant chaleureusement Madame  Jeannette Refleu  d'avoir bien voulu partager les souvenirs et les documents qui ont permis cet hommage électronique, malheureusement posthume, en octobre 2005.

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Les loisirs de Lucien

 
 Refleu au Parthenon
Une éternelle cravate, même
en vacance (ici au Parthénon).

 

Pendant la majeure partie de sa carrière, Lucien Refleu consacre chaque année une partie de ses vacances d'été, à établir un corrigé complet des sujets de mathématiques de tous les concours!

En dehors des mathématiques, il est cependant surtout passionné de musique et de poésie...

Pendant des années, son bureau est orné d'un très beau portrait du poète Paul Valéry (1871-1945), dont il connaît par cœur les 512 alexandrins de La Jeune Parque (1917) qu'il récite avec plaisir.  Il trouve aussi dans cet exercice le moyen de discipliner son élocution et sa respiration.  Lucien Refleu dit apprécier chez Valéry tant l'élégance de la phrase que le respect du sens étymologique des mots.

Lucien Refleu s'intéresse aussi au philosophe  Alain,  de son vrai nom  Emile Chartier  (1868-1951).  Alain fut professeur de  Khâgne  au lycée Henri IV où il eut comme élève M. Bouvet, l'homologue de Lucien Refleu en  Khâgne du Lycée Malherbe...  Le philosophe était donc un des sujets de discussion favoris entre les deux hommes.

 Refleu en retraite  

Lucien Refleu avait appris le piano et avait du talent pour le dessin à la plume et l'aquarelle.  Au moment de la retraite, il ne songe pas à reprendre ces activités, qu'il n'avait pu cultiver faute de temps.  Par contre, il se découvre, avec son épouse, une passion pour l'opéra.  Jeanne et Lucien étudient chaque œuvre presque phrase par phrase avant chaque représentation, en empruntant L'Avant-Scène Opéra à la bibliothèque municipale...  Ils assisteront ensemble à une quarantaine de concerts.

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Mathématiques Supérieures au Lycée Malherbe,   depuis 1942.
AnnéesMathsPhysiqueMathsPhysique
1942-1947Robert Crenn  HXB créée en 1964
1947-1948M. Filliâtre
1948-1956Lucien Refleu
1956-1960M. Piétu
1960-1962
1962-1963M. Bouchet
1963-1964Mlle TouraineHenri Eyraud
1964-1965M. LabrancheM. Christakis
1965-1967M. LabrancheM. GuimardMichel Marty
1967-1968Jackie Wautier
1968-1970M. Hoffman
1970-1972Mlle Dugne
1972-1981Mlle
Claude Delagarde
1981-1983Jean-Paul Petit
1983-1988   
1988-1989Mlle
Brigitte
Lacourbas
Martine CarpentierJean-François
Le Floc'h
1989-1996 
1996-1997  
1997-2006 Muriel Dupuis
2006-2012Pierre
Le Duff
 
2012-M. Boureau
Classe :HX ,  HXA ,  HX1 ,  MPSI1HXB ,  HX2 ,  MPSI2
Note :   A partir de 1983, certaines des affectations ci-dessus sont entachées d'incertitudes.
Philippe Rentien, agrégé de chimie, enseigne la physique en 1987.
 
Mathématiques Spéciales à Malherbe,  depuis la création de la  XA'  en 1962.
AnnéesMathsPhysique MathsPhysiqueMathsPhysiqueChimie
1962-1965Lucien RefleuHenri Eyraud XA créée en 1965 XB créée en 1967 XB
devient
XP'
1965-1967Mlle TouraineM. Christakis
1967-1968Mlle
Colette Champel
Michel Marty
1968-1974Vincent Laroche
1974-1976 Michel MartyM. ChristakisJackie Wautier
1976-1983 Jean-Fr. Boutemy
1983-1987 Vincent Laroche Mlle Claude Delagarde    
1987-1988 Michel MartyM.
Jackie Wautier
En 1987, la XP' déménage
au Lycée Victor Hugo
1988-1989
1989-1992 MP2 créée en 1992  
1992-1996Jean Merdy
??
Jean-Marc Vanhaecke
1996-1997 Jean-François Le Floc'h
1997-2002  
2002-2006 P. Guelfi 
2006-2008   
2008-2011  Frédéric Kuczma 
2011- Arnaud PinguetM. ClaudelM. Caldara
Classe :XA',  XM',  MP* XA ,  XM ,  MP1XB , XP'  puis MP2
Note :   A partir de 1983, certaines des affectations ci-dessus sont entachées d'incertitudes.
 
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Chronologie des professeurs de mathématiques en Taupe à Caen :
Pour les détails biographiques et la liste des professeurs de physique, voir l' Histoire de la Taupe Laplace.
  1. François-Joseph Quesnot (1765-1805).  De 1802 à 1805.
  2. L'abbé [François] Louis Duchemin (1750-1829).  De 1805 [?] à 1809 [?].
  3. A. Guillaume Ricard (c.1770-18??).  De 1809 [?] à 1819 [?].
  4. Antoine François Donat Bonnaire (1777-1839).  De 1819 à 1839.
  5. Philippe Schmidt (1812-1868).  De 1839 à 1843.
  6. Charles Félix Vasnier (1814-1853).  De 1843 à 1850.
  7. Charles Toussaint (1817-1892).  De 1850 à 1871  (sauf janvier-oct. 1856).
  8. Jules Hoüel (1823-1886).  De janvier à mars 1856.
  9. Antoine Xavier Planes (1823-1886).  De mars à octobre 1856.
  10. Jules Tannery (1848-1910).  En 1871-1872.
  11. Alexandre Ribot (1835-1909).  De 1872 à 1875.
  12. Jean Victor Fraissinhes (1838-1896).  De 1875 à 1878.
  13. Charles Riquier (1853-1929).  De 1878 à 1886.
  14. Ernest Marchand (1852-1914).  De 1886 à 1889.
  15. Narcisse Cor (1863-1949).  De 1889 à 1895.
  16. Maurice Lelieuvre (1864-1949).  De 1895 à 1902.
  17. Henri Villat (1879-1972).  De 1902 à 1909.
  18. Alphonse Aimé Hennequin (1885-1977).  De 1909 à 1924.
  19. Charles Jardillier (1892-1959).  De 1924 à 1929.
  20. René Bastien (1900-1961).  De 1929 à 1932.
  21. André Adler, dit "Bresse"  (1907-2004).  De 1932 à 1934 [?].
    La  Taupe Laplace  est fermée de 1934 à 1938.
  22. André Magnier (1909-1996).  En 1938-1939.
    La  Taupe Laplace  est fermée de 1939 à 1942.
  23. Robert Crenn  (1913-1994).  De 1942 à 1948.
  24. Lucien Refleu  (1920-2005).  De 1948 à 1983.

C'est avec Lucien Refleu que se termine, en 1962, l'ère durant laquelle la Taupe Laplace ne consistait qu'en une classe unique aux effectifs réduits.  C'est avec lui, jusqu'en 1983, que se poursuivra l'essort de la Taupe Laplace, dont l'histoire et l'actualité sont présentées ailleurs sur ce même site.

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 Corniche Le mot "Corniche" (classe préparatoire à Saint-Cyr) est gravé dans la pierre du "couloir des classes" de l'ancien lycée, qui est maintenant l'Hôtel de Ville de Caen.

Cette classe de  Corniche  avait été ouverte en 1877.

Avant 1960-61, les cours de Lucien Refleu et de ses prédécesseurs avaient lieu au vieux Lycée Malherbe, dans "la grande salle du pavillion d'angle, au bout du chauffoir".  (Il s'agit du bâtiment situé du côté du Palais de Justice.)

 Ancien Lycee Malherbe    Nouveau Lycee Malherbe
Ancien Lycée Malherbe   (Hôtel de Ville de Caen) "Nouveau" Lycée Malherbe

 Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827 Pierre-Simon Laplace  (1749-1827).
Mathématicien brilliantissime, né le 23 mars 1749  à Beaumont-en-Auge.
Entré à l'Université de Caen à 16 ans,  il y fut initié aux mathématiques par
Christophe Gadbled, assisté de  Pierre Le Canu,  qui le recommenda à d'Alembert.

 Francois de Malherbe 
 1555-1628 François de Malherbe  (1555-1628).
Grammairien né à Caen.  Poète officiel d'Henry IV et de Louis XIII.
D'hermine, à trois roses de gueules  (supports: deux lions au naturel).

 Francois de Malherbe 
 1555-1628 Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années
Qui pour les plus heureux n'ont produit que des pleurs.
Toute sorte de biens comblera nos familles,
La moisson de nos champs lassera les faucilles,
Et les fruits passeront la promesse des fleurs.

[ Vers de Malherbe (1605) au fronton du "nouveau" Lycée Malherbe ]

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 Pierre-Daniel Huet 
 1630-1721  Francois de Malherbe 
 1555-1628  Ecole Polytechnique 
 1794- (X)  Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827

Livre d'or
( tenu par  Gérard Michon )

Merci d'envoyer un message pour enrichir cette page de souvenirs.
Commentaires & informations sur la Taupe Laplace sont aussi les bienvenus.
Le 2005-12-29, Laurent Chabriac a écrit:
En tapant "Lucien Refleu" dans Google, je suis tombé sur l'hommage que vous lui rendez.  Je venais d'en parler avec mon père pendant les vacances de Noël et nous nous demandions ce qu'il était devenu.  C'est donc avec une grande tristesse que j'ai appris son décès. 
 
J'ai été, moi aussi, son élève en M' (en 79/80 et 80/81).  J'ai intégré l'ENS Fontenay et j'enseigne les maths en prépa à mon tour.  De son côté, mon père l'avait eu comme prof en maths sup.  J'avais une haute opinion de lui, me souvenant notamment de sa classe  (au sens humain du terme, et aussi dans sa façon de faire cours et d'organiser sa classe)  et de sa clarté.
 
L'exceptionnel hommage que vous lui rendez m'a permis de prendre connaissance de son parcours de haut niveau.  Je vous remercie vivement pour cette page remplie d'émotion et de nostalgie.
Cordialement,
Laurent Chabriac

You never know someone until you step
inside their skin and walk around a little
.
Nelle Harper Lee   (1926-)

Le 2006-02-11, Jean Migrenne a écrit:
J'ai bien enseigné l'anglais en taupe à Malherbe, mais jamais dans la classe de Refleu.  J'ai enseigné en prépas jusqu'à ma retraite, en 2000, mais ne faisais plus de taupes depuis plus de 15 ans...
Jean Migrenne

 Annie Gravey-Lozac'h Le 2006-11-06, Annie et Philippe Gravey ont écrit:
C'est vraiment très bien.  Nous gardons de Refleu un souvenir très vif.  Merci beaucoup !
Annie Gravey-Lozac'h  
&  Philippe Gravey  

J'ai eu l'insigne honneur d'être témoin
au mariage de ces deux là, en 1979.
 Gérard Michon

 Andre Denis (1959) Le 2008-02-27, André Denis a écrit:

Je me demande ce qui a bien pu me pousser à  composer  le nom de  Lucien Refleu  sur Google...  et pourtant je suis loin d'être un mordu de l'Internet !  Le président Mitterrand avait dit croire aux  « forces de l'esprit » ...  C'est peut-être une explication.

Bravo pour ce site consacré à la mémoire de cet homme, que je connais mieux maintenant et dont je garde des souvenirs très précis malgré les années  (j'étais son élève en  Maths-sup  pendant l'année scolaire 1959-1960) :

  • Un homme d'une grande courtoisie qui saluait ses élèves, le plus souvent en souriant, à son entrée dans la classe. 
  • Un homme très exigeant sur la concision, la précision et, pour tout dire, la  pureté  de nos raisonnements...  « Faites abstraction de toute forme d'intuition »  répétait-il souvent.  Pour les jeunes  impulsifs  que nous étions, il impressionnait. 
  • Un homme qui se démenait pour orienter ses élèves à l'issue de l'année scolaire.  (Il faut rappeler qu'il n'existait pas encore de  Maths-spé  à Malherbe et que les places étaient chères dans les autres lycées de France.)

J'étais loin de compter parmi les meilleurs de ses élèves mais j'ai encore le souvenir de ses efforts, en fin d'année, pour me  recaser.  Comme j'habitais son quartier, il m'avait pris dans sa  dauphine  un soir à l'issue d'un cours pour parler  avenir.  Je savais que mes résultats rendaient son travail plus difficile, mais il ne l'a jamais laissé paraître.  Presque 50 ans après, je m'aperçois que son enseignement dépassait largement le cadre de ce qu'il enseignait.  Je sais maintenant que c'est à ce critère que l'on reconnaît les  grands.

André Denis
Ingénieur général honoraire des Ponts et Chaussées
 
P.S.  (2012-02-29)   Tous ces Denis...  on s'y perd !
Je ne suis pas l'André dont parle Denis Linglin.  J'étais de la promo précédente  (59-60)  en compagnie d'un autre Denis  (prénommé Michel, je crois).
Ceci dit, je suis heureux qu'il ait apprécié mon commentaire, profondément sincère.

Notre vrai tombeau n'est pas dans la terre mais dans le coeur des hommes.
Proverbe Persan

Le 2009-03-10, Michel Germain-Lacour a écrit:

C'est avec une grande émotion que je j'apprends le décès de M. Refleu.

Je suis un ancien taupin du lycée Malherbe  1971-1974  (HX1, 3/2 XB puis 5/2 XP').

En 1972-1974 en XB puis XP', la physique était enseignée par M. Marty.  En HX1, le prof. de maths était M. Labranche.  En HX2, c'était Mlle Delagarde.  Je me souviens également de M. Navet en dessin industriel et de M. Hamelin en Anglais.

Je me demande ce que Mlle Champel est devenue.  Je l'ai eue pendant 2 ans en maths.  Je me souviens de sa santé très fragile.

Cordialement,
Michel Germain-Lacour

 

 Denis Linglin Le 2011-06-13, Denis Linglin a écrit:

J'ai été élève de Lucien Refleu en Maths Sup  (1960-1961)  avant de continuer au lycée St Louis et à l'X  (promo 63)  puis de faire de la recherche en physique des particules.  J'ai passé deux ans comme postdoc (72-74) en Californie (Stanford).

Je viens de mettre une photo de cette classe sur  Copainsdavant.  J'y joins les noms de tous les élèves, écrits de mémoire après coup  ("André" semble être le prénom du  André Denis  qui a écrit [ici] un commentaire touchant sur Monsieur Refleu).  L'intéréssé dément. ]

Monsieur Refleu m'a beaucoup apporté avec ses encouragements personnels, au-delà de ses grandes qualités pédagogiques.

Je me souviens du  sermon  de début d'année dans lequel il expliquait  (je me souviens de l'esprit, pas des mots exacts)  qu'en entrant en prépa, nous entrions en quelque sorte dans un monastère bénédictin.  Pendant deux ans  (voire trois)  il nous faudrait rester cloîtrés dans nos études.  Pas de filles, peu de sorties ni de loisirs.  Ne penser qu'aux études.  Après le concours, nous pourrions à nouveau  vivre  et regarder d'autres horizons...

Cela nous mettait  en condition  pour mieux réussir.  Cependant, la comparaison me semblait ne pas manquer de sel venant de lui, qu'on disait proche des idées d'une gauche plutôt anticléricale à l'époque.  On disait même qu'il était ou avait été membre du parti communiste, mais je n'ai jamais vérifié. [*]

Pour l'année 60-61,  les cours avaient déjà lieu (pour la première fois) dans le  nouveau  lycée, avec seulement notre classe de Maths Sup et une autre classe de prépa  [**].  Par contre, la salle d'études et la cantine étaient encore dans les anciens locaux monastiques, devenus ensuite l'hôtel de ville.

Denis Linglin
Physicien CNRS
 
[*]  En fait, M. Refleu fut un supporter de Pierre Mendès-France mais il s'est distancé des radicaux dès que ceux-ci ont envisagé un rapprochement avec les communistes.
 
[**]  Cette autre classe,  logée à la même enseigne que l'hypotaupe en 1960-61,  était, en fait, la classe d'hypokhâgne dont un des élèves était  Jean-Pierre Lucas.  (Un grand merci à M. Lucas pour cette précision, recueillie de vive voix le 2014-09-28.)

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